Le son et le sens – Citations

L’impossibilité de toujours écrire le son

Ecrire le son, écrire le sens
Nina Catach : L’orthographe en débat

« Le système graphique [] c’est un premier niveau phonographique, et ensuite un niveau morphémique et sémantique ».

« Pour une littérature écrite, c’est tout autre chose (lisez à ce sujet les plaintes, à mon avis justifiées, de l’écrivain J. Metellus à propos de sa langue créole, transcrite dans une écriture qui suit de trop près la langue parlée). [] quand les besoins oraux et écrits, les langages (y compris informatiques) sont aussi divers, ont tant de registres différents, d’implications de tous ordres, je dis : c’est insuffisant. »

«Les théories concernant l’écrit ont elles-mêmes beaucoup changé : plus on étudie sa structure et son rôle, plus on reconnaît ce qu’il a de spécifique. Il n’est pas né de l’oral, il ne dépend pas vraiment de lui, il parvient à l’esprit par des voies qui lui sont propres.

« La sémiographie résulte rarement d’une réanalyse pure et simple de la phonographie. D’autres processus sont concernés, qui vont de la neutralisation de traits phonétiques à la prise en compte de facteurs non phonographiques. »

« Tout se passe comme si les besoins de la sémiographie excédaient les offres de la phonographie. Tout au long de son histoire, une écriture doit trouver des solutions hors de la phonographie, en remotivant parfois des faits étymologiques. C’est le cas des homophones hétérographes ou des morphogrammes, en français, japonais ou chinois, pour ne prendre que ces exemples. »

Alain Bentolila :
De l’illettrisme en général et de l’école en particulier

« Le but de l’apprentissage de la lecture est de permettre à l’élève d’abandonner le passage par les sons en se constituant progressivement un dictionnaire mental dans lequel la forme orthographique de chaque mot sera directement reliée au sens qui lui correspond. »

Marie-Christine Hazaël-Massieux :
Écrire en créole

« On peut même penser que, plus une langue est strictement fidèle à son modèle oral, moins elle a de chances d’être fonctionnelle et efficace à l’écrit, et donc moins elle a de chances de servir effectivement. »

«La recherche d’une orthographe strictement phonologique entraîne une disparition quasi totale de la redondance (répétition de l’information) et donc ralentit considérablement la lecture ».

« Une représentation strictement phonétique nie la notion de système en négligeant familles de mots, paradigmes morphologiques, etc. »

« Une langue notée selon des principes strictement phonétiques est aussi une langue à laquelle on refuse bien des possibilités de jeux de mots ou de « double sens » : c’est parce qu’il y a un décalage entre représentation graphique et prononciation que sont possibles bon nombre d’effets de sens. Pourquoi les seuls créoles seraient-ils écartés de tels effets littéraires ? »

« En-dehors d’un alphabet phonétique il n’y a aucune raison de viser strictement l’équivalence « un son = un signe ».

« On peut évoquer ici en français le rôle de certaines graphies qui peuvent sembler compliquées, mais qui permettent une lecture globale rapide en facilitant l’identification : « point », « poing » ; « vert »,

« verre », « ver » []

« La présence de formes homographes en nombre raisonnable [est] tout aussi normale dans une langue. La lecture n’est vraiment gênée et ralentie qu’en cas d’homographes trop nombreux. »

« Il est souhaitable chaque fois que c’est possible de marquer dans la graphie l’appartenance à une même famille de mots ».