Pa-d’porte

Lèr la fine arivé

Lèr la arivé po nou bate in gran lantante dessi in lékritir pou nout lang kréol La Rényon. 2 foi nou la avansé dessi shemin linité-la : daborinn an 77, aprésa an 2001 èk lékritir Tangol (Po 83, lékritir KWZ, kan-mèm li lé intéressan, la pa fé in lantante po vréman).
Jiska jordi 3 zafèr té i mank anou :

• Konète sak demoune La Rényon lé paré po aksépté, sirtou sak zot i souète, po la manièr ékrir,
• Sak zot la ramassé, la pran pou zot, dann toute sak nou la propozé,
• Si sak nou la prézanté i marche bien, si sar pa malizé pou lir… kank demoun sar fine aprann ali. 

Astèr nou néna toute sa, épila lère la fine arivé pou nou arkomanse réfléshir ansanm.

Jordi, Lofis la Lang Kréol La Rényon la fine fé in bon pé travay desi toute sa-la.
Nou la fé sondaj. La fine fé in bon pé test. La fine ramasse in bon pé léchantiyon lékritir an kréol. Nou la demann zot lavi in bon-pé cherchèr.
In bon-pé d’ot moun osi la travay zot koté. Nou néna asé ransègnman po nou oir :

• Si sak nou la éssèy ofèr demoune i fonksione konmkifo,
• Lékèl rant nout propozision i fonksione mié,
• Sansa kèl kote-mal-tayé (konpromi) i fo n’i fé rant tout nout bann manièr ékrir.

Lèr la arivé po toulbon : nou la bezoin linité. I fo n’i fé toute pou ariv linité. Lé préssé.

In konféranse Marie-Christine Hazaël-Massieux, konféranse èl la fé dann in kolok Lofis, an 2009, i done in bon-pé le prinsipal sak i fo demoune i konpran po travay dessi lortograf in lang kréol sirtou la lang kréol rényoné.

Conférence inaugurale au colloque :
Le créole réunionnais
et la question orthographique,
Éclairages pluridisciplinaires
pour une orthographe fonctionnelle
et consensuelle 
du créole réunionnais
(27, 28, 29 mai 2009)
Organisé par Lofis la Lang Kréol La Rényon,
la Région Réunion, l’UNiversité de la Réunion (LCF),
l’université de Paris 8 (Laboratoire CHArt, EPHE)

De la transcription
à l’orthographe

Marie-Christine Hazaël-Massieux (Université d’Aix-Marseille)

PMA Féklér n°4 Hazaël-M MC - copie

Marie-Christine Hazaël-Massieux a été Professeur de linguistique à l’Université Aix-Marseille I. Elle s’intéresse depuis des années aux langues créoles, à leur description, à leur écriture, à leurs développements, à leur histoire. Parmi les nombreux livres et articles qu’elle a publiés au cours de sa carrière, on retiendra tout particulièrement Ecrire en créole (L’Harmattan, 1993), Les créoles : l’indispensable survie (Editions Entente, 1999), Textes anciens en créole de la Caraïbe : histoire et analyse (Publibook, 2008). Doit être mentionné aussi son cours de créole (qui concerne principalement les créoles des Petites Antilles) en ligne (http://creoles.free.fr/Cours). Spécialiste incontestée des questions posées par l’écriture des divers créoles, M.C. Hazaël-Massieux a également publié de très nombreux articles sur ces questions. On pourra accéder à un bref curriculum vitae et à sa liste de publication à partir de sa page personnelle : http://creoles.free.fr/MCHMperso.htm.

Résumé : L’accès à l’écriture d’une langue se fait selon différentes étapes : bien avant de songer à une orthographe fonctionnelle, on commence par une transcription phonétique, qui fait d’ailleurs apparaître clairement le fait que tout le monde ne prononce pas de la même façon. Faut-il choisir dès lors une prononciation, faut-il tenir compte de toutes les prononciations ? Les choix graphiques permettent de marquer l’unité d’une région, d’une nation, ou bien manifestent des séparations, des oppositions entre les différents membres d’une communauté linguistique. Des questions culturelles, sociales, politiques, voire historiques et anthropologiques se posent à ceux qui essayent de doter une langue (nouvelle) d’un système graphique cohérent et efficace pour la communication. La recherche d’un consensus est difficile mais obligatoire, car dans la notation d’une langue se révèlent des données identitaires qui touchent les hommes et les femmes qui la parlent et l’écrivent – d’où d’ailleurs les difficultés considérables que l’on rencontre à tous niveaux quand le modèle proposé ne correspond pas à l’idée que l’on se fait de sa langue, à l’image que l’on veut donner de soi à travers l’écriture, etc. On ne parlera d’orthographe que beaucoup plus tard, quand après avoir trouvé un système graphique à peu près accepté par tous on le déclarera « la bonne façon d’écrire » (ce que signifie le mot orthographe) et qu’on l’enseignera à tous (enfants et adultes), que l’on corrigera les « fautes » et erreurs qu’une référence à un unique système ne manque pas de générer tant que l’apprentissage n’est pas parfait !

C’est ce chemin long et difficile de l’aménagement linguistique que le créole réunionnais suit, comme beaucoup d’autres langues jeunes, comme beaucoup d’autres « créoles ». Dans le cas très précis du réunionnais on s’efforcera de montrer les étapes déjà franchies, les difficultés à résoudre, et puis aussi les recherches et initiatives  heureuses qui entraînent une normalisation progressive.

Pour lire le texte complet de la conférence de Marie-Christine Hazaël-Massieux, cliquez ici : 
“De la transcription à l’orthographe”